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lundi 24 septembre 2018

Conférence : Défis et perspectives pour l’Afrique

Vu le succès rencontré lors de l’exposition « Être et Naitre en Afrique, entre traditions et temps présents » [Plus d'infos dans un billet précédent], le professeur Sylvain Meuris, doyen honoraire de la Faculté de médecine nous fait l’immense plaisir de revenir sur le campus ce lundi 1er octobre.

« Ce continent immense est en pleine mutation et doit, pour mener à bien sa croissance dans l’intérêt de tous, surmonter des défis et rattraper des retards en termes d’éducation et de santé. De nombreuses initiatives, privées et publiques, nationales et internationales y contribuent. Les progrès enregistrés depuis quelques décennies sont considérables et cassent l'image trop souvent négative que l'on s'en fait. » 


mardi 8 mai 2018

Syphilis@BSS

Une sélection du fonds patrimonial de la Bibliothèque des sciences de la santé

L’exposition « Syphilis, la grande simulatrice » est une opportunité pour la Bibliothèque des sciences de la santé de collaborer avec le Musée de la médecine en mettant en valeur une sélection de livres de son fonds ancien et patrimonial, héritage des pères fondateurs de la faculté de médecine lorsque celle-ci s’appelait encore l’Ecole de médecine de Bruxelles, il y a plus de deux siècles maintenant. 

Le saviez-vous ? 

L’hôpital Saint-Pierre et l’hôpital Saint Jean (dénommé respectivement le Grand et Petit Hospice) étaient les lieux de soins et d’enseignement. Ils disposaient d’une bibliothèque médicale qui resta indépendante et autonome à la création de l’Université (1834). Elle ne fusionnera avec la Bibliothèque centrale de l’Université que trente ans plus tard en 1867. C’est ainsi que notre bibliothèque actuelle peut s’enorgueillir d’avoir ces ouvrages extraordinaires que sont les Vésale et les Bernhard Siegfried Albinus…, entre autres.  

Mais revenons à la syphilis. 

Trois vitrines avec trois thématiques différentes vous attendent dans la grande salle de lecture du bâtiment D : la maladie, son traitement et son histoire (pour une aperçu complet , nous vous renvoyons à la visite de l’exposition au musée ou à la lecture de son catalogue.


La sélection des livres s’est faite en partie sur des critères visuels (planches, plan d’établissement thermal, page d’avant-titre, etc.) mais aussi insolites comme ces recettes de décoction et d’onguents dont la composition évoque des remèdes de sorcières.   

Un choix de planches nous présente les signes de la maladie. 

Le grand public connaît les spectaculaires chancres syphilitiques, il connaît moins les Colliers de Vénus. Quelle bien poétique dénomination ! 

Non, vous ne verrez pas une acrobatie du Kâma-Sûtra mais bien une syphilide pigmentaire extraite des Leçons cliniques d’Albert Fournier, manifestation dermatologique d’une syphilis secondaire. Nous étions au dernier quart du XIXème siècle, la science pensait alors qu’il s’agissait d’un virus.
Quelques années plus tard, le vrai responsable sera démasqué ! 

Nous le voyons sur une autre planche qui nous présente les signes biologiques visibles dans les analyses sanguines : des micro-organismes en forme de filaments spiralés caractéristiques du Tréponème pâle, la fameuse bactérie enfin découverte.   

Reprendre en main des ouvrages d’un fonds patrimonial amène également son lot de surprises. Quelle ne fut pas la nôtre en découvrant des notes manuscrites dans un livre ayant appartenu au professeur Guillaume Rommelaere ! (professeur d’anatomie et doyen de la faculté de médecine). 

Seraient-elles de sa main ?

Une analyse graphologique serait nécessaire pour le déterminer. En attendant elles sont le témoin des interrogations d’un médecin à propos des tentatives de création de vaccin contre la maladie.
Et du côté des romans de la section Medical Humanities? 

On relira le passage de l'Éruption étoilée parmi les Récits d’un jeune médecin de Mikhaïl Boulgakov qui nous transmet sa rage de vaincre cette terrible maladie qui a fait tant de ravages auprès des populations vulnérables comme les enfants des campagnes russes à la fin du XIXème siècle.

lundi 23 avril 2018

ART /MEDECINE : photos, dessins, peintures et installations textiles à la Bibliothèque des sciences de la santé

Exposition des résultats de recherche des étudiants de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles

« De la médecine à l’art, langage de « corps » en art plastique » est un module de recherche coordonné par deux doctorantes, Nikoo Nateghian et Léa Falguère, qui a occupé les étudiants pendant plus d’un trimestre.
  • Comment regarder le corps et la maladie ?
  • Qu'y a-t-il sous l’enveloppe de notre peau ?
  • Est-ce organisé comme dans les livres d’anatomie ?
  • Est-il possible de donner une forme à la douleur que l’on ressent ?
  • Y a-t-il une parenté entre un regard qui guide le scalpel lors d’un exercice de dissection et un regard qui conduit le pinceau lorsqu’il dessine un corps ?
  • Est-il possible de créer une représentation de l’intérieur du corps qui soit évocatrice pour celui qui l’observe, sans qu’il ne s’agisse d’une référence à ce que la théorie anatomique nous dit ?
Questionner, comprendre, explorer, découvrir….
Finalement, un module de recherche dans une école d’art c’est comme un laboratoire : boîtes de Pétri, lames, pipettes et autres ont laissé la place aux pigments, pinceaux, papier, appareils photo et une infinité de matériaux susceptibles de mettre en forme des idées ! 

Et nous ? Comment les regardons-nous ces travaux de labo ?
Réponses et pistes d’interprétation par les étudiants eux-mêmes


Corps-objet, c’est le nom de la série de photos noir et blanc de Guillaume Lefèvre et Shayan Reze. Il dessine sur les corps, elle photographie. Ensemble, ils ont créé de superbes photos noir et blanc. Voici ce qu’ils nous en disent.

Fragment est une série de grands dessins produite par Guillaume Lefèvre consécutive à son expérience du travail photo. Après cette « remontée » de la structure anatomique en surface (le dedans est transposé sur la peau des modèles photographiés), Guillaume est allé explorer l’intérieur du corps, sous la peau, au cœur du derme et plus profond encore.


Artiste textile, Antonella Valerio nous parle de la douleur au travers de la gaze, cette étoffe, légère, ajourée, douce et vaporeuse qui pense nos plaies en attendant qu’elles cicatrisent. Un fil de coton rouge symbolique traverse le textile qui s’aplatit, se contorsionne, s’agglomère, s’étale. Ces petites installations textiles sont autant de métaphores formelles de ce que peut-être la douleur. Nous, l’humain lambda, avons les mots pour exprimer ce qu’elle provoque dans notre corps. Ils répondent à un vocabulaire conditionné par notre culture, comme nous l’apprend Antonella au travers de ses carnets de dessin. Les artistes, eux, ont la matière et leur imagination pour nous la faire ressentir autrement. Et vous ? La ressentez-vous en regardant les pièces d’Antonella ?

Audrey Chatel est en design textile. Son travail échantillonne, énumère et classe les pathologies autour des organes, à chacune d’elle correspond un graphisme, une expression textile. Tiens donc, la planche qu’elle présente fait songer à un atlas ! 

D’organes, il est question aussi dans les douze délicates calligraphies en kakémono d’Emilie Dumoulin. Poumon, rate, foie, pancréas, etc. suivent la ronde des heures selon les principes de la médecine chinoise. Et notre cerveau jamais au repos, lui n’y est pas ! Zut alors. 

A côté de ces petits panneaux, deux grands linceuls blancs imprégnés de traces diaphanes et quatre peintures visitant notre intimité intérieure comme elle nous l’explique.


A voir jusqu’au 27 avril, à la Bibliothèque des sciences de la santé sur le campus Erasme (Anderlecht) 

vendredi 9 mars 2018

Exposition : « Naitre et être en Afrique, entre traditions et temps présents »

La Bibliothèque des sciences de la santé et le Pôle Santé reçoivent une exposition qui nous vient de Nantes : « Naitre et être en Afrique, entre traditions et temps présents ». Les organisateurs ont choisi un point « névralgique » du campus pour l’évènement : la salle du restaurant Les Presses qui brasse tous les publics du campus depuis son ouverture. Un lieu d’échange décontracté et convivial pour une exposition didactique qui aborde des questions sérieuses. Quels sont les mythes qui fondent l’arrivée au monde d’un enfant ? Quels sont les rites traditionnels qui accompagnent la fécondité, la stérilité, l’accouchement, l’allaitement et les premiers soins apportés au niveau-né dans les cultures traditionnelles d’Afrique ? Que penser des pratiques rituelles autour de la naissance de jumeaux dans la culture Yoruba ? Quelles sont les forces et les faiblesses des politiques de santé en matière de protection maternelle et infantile et les percées réalisées sur ce continent ?

Ces questions et d’autres sont abordées par le comité de rédaction du MUVACAN (Musée Vivant des Arts et Civilisations d’Afrique Nantais) sous la houlette du professeur Jacques Barrier. L’association émanant de l’Université de Nantes réunit des médecins, sociologues ou anthropologues tous passionnés par l’Afrique et animés par la conviction qu’apprendre à connaitre les cultures de ce continent amène un autre regard et permet de lutter contre les stéréotypes d’où l’esprit didactique qui anime la trentaine de panneaux, très agréables à lire. Témoignages, photos et informations se marient autour d’un ton simple et direct, le tout ponctué d’un regard qui nous ramène ici et maintenant dans notre culture occidentale. Ils éclairent aussi sur les fonctions des quelques quatre-vingt objets et sculptures qui sont exposés dont des maternités Baoulé, Yombé ou Tshokwé. Des sculptures ?! Une première pour la salle expo qui a été jusqu’à présent plus habituée aux sessions de poster de conférences scientifiques. Outre les maternités, le public découvrira une exceptionnelle collection de poupées de jumeaux, les fameux Ibeji des Yoruba appartenant au professeur Fernand Leroy.

En pratique :
Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 17h, jusqu’au 30 juin 2018
Salle expo au restaurant Les Presses (bât F, 1er étage) – campus Erasme

Conférences spéciales pour la journée de la coopération
mercredi 21 mars
(plus d'infos ...)

mardi 30 mai 2017

Journée scientifique « Allaitement maternel » et échos à la Bibliothèque des Sciences de la Santé.



https://www.ulb.ac.be/culture/docs/voie.pdf
Y a t’il encore des choses à dire sur l’allaitement maternel en Belgique en 2017 ? 

Selon Emmanuelle Robert qui a étudié la question en profondeur à l’occasion d’une thèse soutenue tout récemment, plus que certainement. Données épidémiologiques à l’appui, elle met en évidence les disparités de la couverture de l’allaitement selon nos régions et pointe une réelle nécessité à promouvoir une durée d’allaitement plus longue, à mettre en place plus de cohérence dans le soutien au maternage, à sensibiliser et à former toute la chaîne des prestataires de soin y compris ceux de la première ligne. Le sujet est vaste et, si pas tabou, simplement mis de côté (le congé d’allaitement n’est pas encore intégré partout) . Or, depuis peu, il considéré par les grands organismes mondiaux, non plus comme un choix de vie mais bien comme faisant partie des problèmes de santé publique. Il est donc d’actualité. 

La prise de recul par une conscientisation des représentations sociale, de leur évolution permet de faire avancer les mentalités et contribue la réappropriation de thématiques. « Voies lactées », l’exposition qui se déroule actuellement à la salle Allende y contribue. Conçue par un groupe de recherche de l’Université de Genève, elle nous arrive augmentée de pièces issues des collections de l’ULB, dont des ouvrages provenant du fonds historique de la BSS (dons du professeur Marcel Graffar, père fondateur de l’Ecole de Santé Publique entre autres). 

En écho à cette activité et à la journée scientifique consacrée à la thématique (le 15 juin sur le campus Erasme), une sélection de livres est présentée à la bibliothèque, des textes scientifiques mais aussi des romans…question d’élargir les champs de réflexion. 


lundi 13 février 2017

Exposition de la photographe Paola Leonardi à la BSS

L’Ecole de Santé Publique vient d’organiser un colloque (dans le cadre du G3) intitulé Trajectoire migratoires et santé autour de la naissance. Parmi les regards croisés sur cette thématique, il y a eu celui d’une photographe italienne. En écho au colloque, son travail est actuellement présenté dans la petite salle d’expo de la bibliothèque des sciences de la santé. 

Présentation par Vanessa Grotti, directrice de EU Border Care* : 

Paola Leonardi (née en Italie, 1980) est basée à Londres et enseigne la photographie à l’Université Suffolk et à l’Université Métropolitaine de Londres. Depuis l’obtention de son Master en Image et Communication à l’Université Goldsmiths en 2006, Paola a travaillé pour des projets commerciaux et a également développé des projets personnels. Son travail a été financé par le Arts Council England, et elle a exposé au Royaume-Uni, en Italie, en Arménie et aux Etats-Unis (pour découvrir son travail, visitez : http://www.leonardiphoto.com). 

Depuis 2012, elle photographie avec un appareil analogique les personnes et les lieux tout au long des frontières de l’Union Européenne, racontant la vie aux confins de l’Europe. Son projet juxtapose les concepts d’Europe géographique et politique. L’histoire européenne et transnationale de sa famille – sa « grand-mère yougoslave » comme ils l’appelaient, est née réfugiée en Suisse après que sa famille ait quitté leur Istrie d’origine pendant la Seconde Guerre Mondiale et avant qu’ils ne s’installent en Italie – a fait naître chez la photographe un intérêt pour les identités transnationales et transculturelles, et pour l’identité européenne en lien avec les concepts de chez-soi, appartenance, mémoire et territoire. Paola voyage avant tout à pieds, parfois en transport public, ou encore à vélo ou en auto-stop. Voyager lentement lui permet de rencontrer les personnes et de mieux appréhender les lieux et modes de vie. 

Ses voyages aux frontières incluent la ligne de division Finlande-Russie, la zone tampon à Chypre et la frontière serbo-croate. Son travail pour EU Border Care, exposé ici, l’a emmené vers des frontières différentes dans deux pays du Sud européen : la Grèce et l’Italie.  En Grèce, elle a photographié dans un village à la montagne à environ 50km de la frontière avec l’Albanie, dans un ancien dortoir accueillant aujourd’hui des réfugiés et géré par l’armée grecque ; sur l’île de Leros dans la mer Egée (une des îles sur lesquelles arrivent les réfugiés depuis la Turquie ); et dans le camp improvisé dans le port de Piraeus dans la capitale Athènes, démantelé peu de temps après la visite de Paola. En Italie, elle a photographié les installations servant au premier accueil et aux soins sanitaires sur l’île de Lampedusa, mais aussi les différents lieux et espaces de l’île – églises, plages, rues – fréquentés par les nouveaux arrivants.  

La série de photographies exposée à la bibliothèque aborde les aspects quotidiens de la vie dans les lieux de passage des migrants, montrant les endroits que les migrants habitent temporairement, ainsi que les espaces où ils reçoivent des soins médicaux, et les personnes et paysages qu’ils rencontrent. Reposant sur une esthétique sobre et subtile, ces images prennent à contre-pied l’imagerie photo-journalistique habituelle. Elles tentent d’adopter le point de vue de ceux qui, au travers de leurs trajectoires migratoires, ont atteint les périphéries de l’Europe.
Regard à découvrir jusqu’au 30 juin 2017.

* EU Border Care est une étude anthropologique des services de maternité et de l’expérience de la maternité « sans papiers » dans les périphéries européennes, financé par un ERC Starting Grant (2015-2020). S’appuyant sur des travaux qualitatifs de terrain au long cours, EU Border Care conduit une analyse empirique des relations personnelles et institutionnelles de soins dans le contexte de la grossesse et de la naissance afin d’élaborer une critique innovante de l’économie morale qui sous-tend l’apport de soins et la gestion des migrations dans certains des espaces frontaliers les plus densément franchis en France, en Grèce, en Italie et en Espagne. EU Border Care a développé des collaborations interdisciplinaires et créatives à travers le champ des sciences sociales et des arts afin de produire des narrations alternatives et éthiques des espoirs et aspirations personnelles au cours de la migration afin d’atteindre un public plus large. 

Pour plus d’informations, visitez : http://eubordercare.eu 

https://perinatmigrant.sciencesconf.org/

mercredi 2 octobre 2013

Exposition - Dévoiler le corps, dessins de Nikoo Nateghian

La Bibliothèque des Sciences de la Santé, qui est plus connue de son public pour ses revues au kilomètre et ses rayonnages imposants, accueille depuis le 18 septembre une surprenante exposition dans les salles du bâtiment D sur le campus Erasme. Intitulée « Dévoiler le corps », cette exposition nous présente les dessins de Nikoo Nateghian.  

Nikoo termine un master à finalité approfondie à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, master conçu en collaboration avec l’ULB. Son travail est donc suivi tant par des plasticiens que par des historiens et des philosophes.

Ses grands et petits formats  habitent véritablement les cimaises. Les grands formats sont très impressionnants. Ils nous donnent à voir une autre leçon d’anatomie. Notre enveloppe  est réduite à une silhouette qui gesticule et se contorsionne dans des positions acrobatiques. Par transparence, notre contenu se dévoile. Un contenu interprété, qui déborde : vertèbres, fémurs, iliaques, phalanges s’échappent des corps avec leur dynamique propre, comme soumis à une danse dont nous percevons le rythme et la musicalité. Les tissus s’ouvrent et dévoilent nos précieux organes qui viennent se loger dans des zones tout à fait improbables. Se fondant dans les formes dessinées, des fragments de texte s’enchevêtrent dans les structures osseuses et les fibres musculaires. Ils nous renvoient aux sources d’inspiration du travail de Nikoo : les manuscrits médicaux anciens, dont nous pouvons découvrir les reproductions. Au premier regard, on songe à une calligraphie imaginaire ; en réalité, il s’agit de pensées poétiques que l’artiste glisse dans les corps. En écho, peut-être,  à ses pensées, les titres de Nikoo nous invitent à une lecture poétique et parfois humoristique : telles « Dissection de la mélancolie » , « Promenade familiale » ou encore « Les Paroles du cœur ».

Un univers envoutant, qui mérite de s’y arrêter.  A voir jusqu’au 18 octobre (bâtiment D - Campus Erasme)

Bérengère Schietse
Directrice de la Bibliothèque des Sciences de la Santé.

Nikoo au milieu