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lundi 23 avril 2018

ART /MEDECINE : photos, dessins, peintures et installations textiles à la Bibliothèque des sciences de la santé

Exposition des résultats de recherche des étudiants de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles

« De la médecine à l’art, langage de « corps » en art plastique » est un module de recherche coordonné par deux doctorantes, Nikoo Nateghian et Léa Falguère, qui a occupé les étudiants pendant plus d’un trimestre.
  • Comment regarder le corps et la maladie ?
  • Qu'y a-t-il sous l’enveloppe de notre peau ?
  • Est-ce organisé comme dans les livres d’anatomie ?
  • Est-il possible de donner une forme à la douleur que l’on ressent ?
  • Y a-t-il une parenté entre un regard qui guide le scalpel lors d’un exercice de dissection et un regard qui conduit le pinceau lorsqu’il dessine un corps ?
  • Est-il possible de créer une représentation de l’intérieur du corps qui soit évocatrice pour celui qui l’observe, sans qu’il ne s’agisse d’une référence à ce que la théorie anatomique nous dit ?
Questionner, comprendre, explorer, découvrir….
Finalement, un module de recherche dans une école d’art c’est comme un laboratoire : boîtes de Pétri, lames, pipettes et autres ont laissé la place aux pigments, pinceaux, papier, appareils photo et une infinité de matériaux susceptibles de mettre en forme des idées ! 

Et nous ? Comment les regardons-nous ces travaux de labo ?
Réponses et pistes d’interprétation par les étudiants eux-mêmes


Corps-objet, c’est le nom de la série de photos noir et blanc de Guillaume Lefèvre et Shayan Reze. Il dessine sur les corps, elle photographie. Ensemble, ils ont créé de superbes photos noir et blanc. Voici ce qu’ils nous en disent.

Fragment est une série de grands dessins produite par Guillaume Lefèvre consécutive à son expérience du travail photo. Après cette « remontée » de la structure anatomique en surface (le dedans est transposé sur la peau des modèles photographiés), Guillaume est allé explorer l’intérieur du corps, sous la peau, au cœur du derme et plus profond encore.


Artiste textile, Antonella Valerio nous parle de la douleur au travers de la gaze, cette étoffe, légère, ajourée, douce et vaporeuse qui pense nos plaies en attendant qu’elles cicatrisent. Un fil de coton rouge symbolique traverse le textile qui s’aplatit, se contorsionne, s’agglomère, s’étale. Ces petites installations textiles sont autant de métaphores formelles de ce que peut-être la douleur. Nous, l’humain lambda, avons les mots pour exprimer ce qu’elle provoque dans notre corps. Ils répondent à un vocabulaire conditionné par notre culture, comme nous l’apprend Antonella au travers de ses carnets de dessin. Les artistes, eux, ont la matière et leur imagination pour nous la faire ressentir autrement. Et vous ? La ressentez-vous en regardant les pièces d’Antonella ?

Audrey Chatel est en design textile. Son travail échantillonne, énumère et classe les pathologies autour des organes, à chacune d’elle correspond un graphisme, une expression textile. Tiens donc, la planche qu’elle présente fait songer à un atlas ! 

D’organes, il est question aussi dans les douze délicates calligraphies en kakémono d’Emilie Dumoulin. Poumon, rate, foie, pancréas, etc. suivent la ronde des heures selon les principes de la médecine chinoise. Et notre cerveau jamais au repos, lui n’y est pas ! Zut alors. 

A côté de ces petits panneaux, deux grands linceuls blancs imprégnés de traces diaphanes et quatre peintures visitant notre intimité intérieure comme elle nous l’explique.


A voir jusqu’au 27 avril, à la Bibliothèque des sciences de la santé sur le campus Erasme (Anderlecht) 
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