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mercredi 9 février 2011

Journées du livre numérique 2011 – Compte rendu

Les journées du Livre numérique 2011, organisées par le Service général des Lettres et du livre en collaboration avec Technofutur TIC et la Bibliothèque centrale pour la Région de Bruxelles-Capitale, étaient centrées autour de deux thèmes : schémas économiques du livre numérique et protection des œuvres.

Hervé Bienvault (Aldus – Depuis 2006) a présenté l’année 2010 comme étant celle du livre numérique, du moins en France. Pourquoi ?
  • Mai 2010 : interopérabilité des catalogues entre les distributeurs français
  • Accord entre Hachette et Apple
  • Orientation grand public (Ex : Fnacbook)
  • Disposition légales actées (prix unique et baisse de la TVA – France uniquement)

A ces points s’ajoute l’essor de deux supports de lecture : le Kindle d’Amazon et l’iPad d’Apple. Deux manières différentes d’approcher la lecture: l’appareil de lecture dédié à encre électronique ; l’objet multimédia rétro-éclairé. Deux modèles économiques qui ont comme similitude d’être des systèmes fermés : on achète un livre sur Amazon pour le lire sur son lecteur Kindle ; on achète un livre sur l’ibookstore pour le lire sur son lecteur iPad.

Il y a toujours un retard par rapport aux Etats-Unis : pas assez de titres, des prix trop élevés et peu de catalogues de livres populaires, fantasy et science-fiction (A ce sujet, deux plateformes à parcourir : éditions Bélial, Editions Bragelonne).

Encore faut-il trouver le juste prix : les lecteurs voudraient le numérique 40 à 50% moins cher que l’imprimé or, la baisse n’est que de 15 à 20%. La réflexion sur le prix ne s’arrête pas à un pourcentage, il s’agit aussi de proposer des offres simples, comme l’a suggéré Amélie Rétorré en parlant de la plate-forme IZNEO (regroupement d’éditeurs de bandes dessinées) qui propose deux types d’accès : 1.99€ pour 10 jours de location et 4.99€ pour un accès illimité. De barrières psychologiques à franchir : moins de 2€, moins de 5€, … Il existe aussi une offre pour les bibliothèques sous forme d’abonnement annuel … mais uniquement en consultation sur site.

A côté de ces offres numériques, Henri Bienvault indique qu’il y a de plus en plus de livres imprimés, ce qui corrobore l’idée d’une coexistence de l’imprimé et du numérique. Est-ce l’avis de tout le monde ? Non, François Bon (Tiers Livre, publie.net) a beaucoup parlé des mutations de l’écrit en retraçant l’histoire du livre sous l’angle de la disparition des supports précédents. Le numérique engloutira un jour l’imprimé même si ça prendra encore du temps. Aujourd’hui, ce qui change, ce sont les usages et le sentiment de possession du livre. Pour l’imprimé, il fallait conserver ses livres ; en numérique, on se tournera plutôt vers des formules d’abonnement. Un modèle comme Spotify pour la musique – pas encore disponible en Belgique – qui permettrait de consulter X livres par mois pour un prix X. Un modèle proposé par Jef Maes (boek.be – association du secteur du livre en Flandre) qui indique qu’en 2009, la Flandre a commencé à s’interroger sur les évolutions du secteur. Ses conclusions :
  • Le secteur du livre ne peut pas rater cette évolution
  • Il faut préserver les acteurs de la chaîne du livre tout en sachant qu’elle va se modifier
  • Il n’y a pas, en Flandre, de position dominante des acteurs étrangers comme Amazon, …

Jef Maes montre les progrès effectués en Flandre, mais il souligne aussi le retard en indiquant qu’en 2010, la vente d’ebooks sur leur plateforme boek.be  ne représente que 0.21 % du marché global.

Ce qui sera important dans l’océan de livres numériques qui va déferler, ce sera d’assurer la médiation des contenus. Un rôle pour les bibliothécaires et les libraires, qui pourront orienter les lecteurs vers le contenu qui n’est pas de suite visible. Il s’agira d’orienter vers autre chose que les best-sellers.

Et la protection des œuvres avec des DRM (Digital Rights Management) ?

Pour les utilisateurs, l’utilisation des DRM Adobe (limitation d’usage) est souvent incompréhensible à cause des multiples enregistrements et autres problèmes inattendus. (A lire : DRM, le point de vue d’un détaillant). Acheter des livres numériques n’est pas toujours convivial et la gestion des droits numériques n’est en rien un service à valeur ajoutée pour les utilisateurs. Le livre est-il vraiment protégé ? Non, celui qui désire enlever ces protections y arrivera sans trop de difficultés et la majorité des livres issus du piratage a été numérisée en dehors du circuit de l’édition. Jef Maes indique qu’il est opposé aux DRM d’Adobe mais qu’il est pour le DRM social qui consiste à poser un tatouage sur le livre numérique avec le nom de l’acheteur. Le problème étant que sur Internet, le vendeur n’est pas toujours certain de l’identité de l’acheteur. Le plus simple serait peut-être de s’en passer et de laisser à l’acheteur la pleine utilisation de son achat. Comme cela a été indiqué durant la journée, le meilleur moyen de contrer le piratage est de proposer une offre complète et simple à comprendre.

Et pour conclure, le monde des enfants à parcourir sur « La souris qui raconte ». Des histoires qui se lisent en streaming à partir d’une bibliothèque virtuelle personnalisable. De quoi donner goût à la lecture numérique aux plus jeunes !

Liens :
- Intervention et mini compte rendu de Virginie Clayssen (Groupe Editis) : une tentative de description
- Compte rendu des interventions par App(s) and ePaper Blog
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