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vendredi 8 mai 2009

Pourquoi la bibliothèque ne conserve-t-elle pas tous ses livres ?

[Mis à jour le 29/04/2014]

Il peut paraître curieux de voir une bibliothèque universitaire déclasser périodiquement une partie des livres qu’elle conserve. On pourrait considérer que ces ouvrages, quelque désuets qu’ils puissent être, constituent les fragments d’un savoir qu’il convient d’enrichir, au lieu de s’appauvrir, en quelque sorte, en les aliénant.

Mais, quoique tout bibliothécaire répugne naturellement à l’idée de se défaire de « ses » livres, voici pourquoi il nous est nécessaire de nous séparer, de temps à autre, d’une partie de nos collections.
  • Le manque de place : l’espace de stockage n’est pas extensible à court terme. Nous espérons que, plus tard, il sera possible d’étendre nos capacités, par exemple en collaborant avec d’autres bibliothèques pour créer des entrepôts externes, ou en développant la conservation partagée.
    En attendant que ces projets prennent corps, il reste nécessaire de faire de la place pour les nouvelles acquisitions.
  • L’obsolescence d’une partie de la documentation : une partie importante de nos fonds correspond à des états actuellement dépassés de la connaissance scientifique. Même s’ils n’ont plus guère d’utilité immédiate, de tels ouvrages peuvent néammoins conserver un intérêt historique ou épistémologique. Ceci s’applique bien sûr aux textes importants et aux ouvrages d’une bonne qualité scientifique ; cela est moins vrai des ouvrages très généraux, de vulgarisation, des textes remis à jour ou remplacés par des équivalents plus récents.
  • La détérioration des supports : Il convient d’ajouter qu’une partie de ces documents est en mauvais état de conservation, en raison de fréquentes manipulations, de l’impression sur des papiers instables, de conditions de conservation quelquefois loin d’être optimales.
  • L’existence de la documentation numérique : dans les cas où la bibliothèque dispose d’un archivage numérique sûr pour certains documents, il peut ne plus être indispensable d’en conserver la version imprimée, si elle ne présente ni valeur intrinsèque ni rareté particulière. Ceci concerne surtout les périodiques pour le moment, mais d’importantes entreprises de numérisation sont en cours et cette méthode d’archivage va prendre une importance de plus en plus grande, d’autant qu’elle constitue une solution au problème des documents détériorés.
    En outre, les ressources électroniques sont aisément accessibles en ligne, même à l’extérieur de la bibliothèque.
  • L’existence de doubles et de copies multiples : au cours de son existence, la bibliothèque a été amenée à conserver de nombreux doubles des mêmes ouvrages, voire de nombreuses copies. A titre d’exemple, nous avons recensé jusqu’à 38 copies d’un même roman. Les raisons en sont multiples : regroupement de bibliothèques auparavant distinctes - dons - achat volontaire de copies multiples, parfois justifié par l’importance du texte, le plus souvent par sa nécessité pour un enseignement donné à l’université.
Il est évident que ces besoins évoluent avec le temps ; s’il est presque toujours utile de conserver un exemplaire, il ne l’est plus toujours de les conserver tous à partir du moment où les raisons qui avaient présidé à leur accumulation ont disparu.

Voici pourquoi, entre autres, nous sommes amenés à vendre, à donner et même à détruire.

Organiser une vente permet de remettre les livres en circulation, de leur donner une deuxième vie en quelque sorte. L’argent récolté pourra servir au développement des collections.

Une bibliothèque contemporaine peut être vue comme un organisme vivant, elle évolue en fonction de l’état de la connaissance scientifique et des besoins de ses utilisateurs.
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